Roman fantastique ado

Lady Helen : Le club des mauvais jours d’Alison Goodman

Lady Helen : Le club des mauvais jours, Alison Goodman, Gallimard Jeunesse, 2016.
Lady Helen : Le club des mauvais jours, Alison Goodman, Gallimard Jeunesse, 2016.
Titre
Lady Helen (T. 1) : Le club des mauvais jours
Auteur
Éditeur
Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, série Romans Ado
Date de parution
Cible
À partir de 13 ans
Résumé

Londres, 1812. Lady Helen Wrexhall se prépare pour son entrée dans le monde. Orpheline, elle vit avec un oncle revêche et bigot et une tante aimante et bienveillante qui espère lui trouver un beau parti. Comme beaucoup de jeunes filles, Helen craint de finir vieille fille, d’autant que sa réputation est quelque peu entachée par le déshonneur que sa mère a jeté sur sa famille voilà des années. Alors qu’elle s’apprête à vivre une vie faite de bals, de mondanités et de potins, Lady Helen voit ses perspectives se bousculer quand d’étranges événements surviennent… La rencontre de Lord Carlston, cousin éloigné au passé sulfureux, va alimenter l’irrésistible curiosité de la jeune fille pour un monde fait de démons, de maléfices et de violences en tout genre. Helen va finalement devoir choisir : va-t-elle continuer sa vie comme si de rien n’était et vivre la vie convenable d’une maîtresse de maison, ou va-t-elle jouer son rôle dans le combat contre les forces obscures, quitte à se perdre ?

Avis sur le roman fantastique ado Lady Helen : Le club des mauvais jours d’Alison Goodman

C’est avec beaucoup de plaisir qu’on se plonge dans les aventures de Lady Helen et dans l’univers de la Régence. L’ambiance et les décors sont plantés avec une minutie remarquable. Architecture, décoration, mode, gastronomie, divertissements, faits divers et politiques de l’époque, place de la femme dans la société, tout est là pour immerger le lecteur dans l’Angleterre du début du 19ème siècle. C’est, probablement, le gros point fort de ce roman qui dépayse autant qu’il instruit et ce sans provoquer une once d’ennui. L’éditeur parle de Lady Helen comme d’une rencontre entre Jane Austen et la fantasy noire, et effectivement on retrouve l’univers de la célèbre auteure anglaise grâce à l’esprit aiguisé et teinté d’ironie d’Helen. La société et ses faux-semblants sont analysés avec un regard affuté et un humour subtil, et les événements surnaturels se glissent sans problème dans cet univers plein de froufrous. L’intrigue, pleine de rebondissements, fonctionne très bien, même si l’apparition du si convenu triangle amoureux peut faire soupirer, d’autant que les prétendants ne débordent pas d’originalité : amant blond / bien sous tous rapports / amour raisonnable et facile VS amant brun / au passé sulfureux / amour passionné… On a connu plus novateur. Mais bon. Peut-être le tome 2 apportera-t-il des éléments qui feront avancer l’intrigue amoureuse sur une route moins fréquentée (mais pour être honnête, j’en doute un peu).

Cela dit, Lady Helen est un bon roman, bien écrit, bien construit, très bien documenté, et l’attention portée par l’auteur à la condition de la femme de l’époque est intéressante. C’est en effet le deuxième pendant de l’histoire : derrière l’intrigue principale, on voit une jeune femme brimée par son oncle (et par un monde patriarcal en général) qui trouve enfin l’occasion de s’émanciper, et même, si elle le souhaitait, de dominer ses oppresseurs masculins. Un point de vue intéressant qui réussit à prendre le lecteur aux tripes lors de moments particulièrement révoltants. Roman historique, fantastique, féministe, Lady Helen n’échappe pas à certains poncifs mais vaut le détour.

 

Alison Goodman est née en 1966 en Australie. En 1999, elle se voit décerner une bourse d’écriture par l’université de Melbourne. Son premier roman, Singing the Dogstar Blues (1998) a reçu de nombreux prix et a été traduit dans plusieurs pays. Elle est l’auteur des romans Eon et le douzième dragon (2009) et Eona et le collier des dieux (2011), parus chez Gallimard Jeunesse.

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